Des chevaux pour le Père Noël
Par Marie • 23 déc, 2009, à 01:00:55 • Catégorie: Contes
Il était une fois dans un petit village, loin là bas en Laponie, des lutins fort occupés. Tandis que les uns finissaient de préparer les commandes passées par les petits enfants, les autres chargeaient les présents dans le grand traîneau, sous l’œil bienveillant du Père Noël. Lorsque tous les préparatifs furent terminés, les lutins éleveurs de rennes s’empressèrent d’aller chercher les plus belles bêtes, mais en arrivant au parc, ils constatèrent avec effroi que toutes avaient disparues. Jusqu’à la tombée de la nuit, tout le village, avec l’aide de Dame la Lune qui s’était faite brillante, se mit à leur recherche. En vain.
Le Père-Noël bien ennuyé, s’isola pour réfléchir. Qui allait tirer le lourd traîneau ? Les lutins ? Même en s’y mettant tous ils n’y arriveraient pas. Enlever quelques cadeaux ? Comment puis-je avoir pareille idée ? Se demanda-t-il. Soudain, les lutins le virent revenir vers eux avec un large sourire.
- J’ai trouvé ! Cria-t-il – Saint-Nicolas a terminé sa tournée, je vais lui demander de me prêter sa mule.
- Espérons qu’il ne refusera pas. Répondirent les lutins.
-Il ne refusera pas ! . Assura le Père Noël en montant sur son nuage pour faire le voyage.
Saint-Nicolas fit bon accueil au vieil homme et le reçu à bras ouverts.
- Grand Saint-Nicolas, je viens vous demander une faveur.
- Dites, Père-Noël, dites.
- Pouvez-vous me prêter votre mule pour cette nuit ?
- N’avez-vous pas de rennes ?
- J’en avais jusqu’à ce matin et je n’en ai plus ! .
- Vous prêter ma mule, moi je veux bien ! Est-ce qu’elle voudra vous suivre ? Je n’en suis pas certain !
- Pourquoi donc ?
- C’est que la belle est têtue ! Mais venez, je vais vous la présenter.
Tous deux entrèrent dans l’étable. La mule ne daigna pas tourner la tête à l’arrivée du visiteur. Le Père Noël s’approcha d’elle, lui murmura quelques mots à l’oreille, la caressa même, mais la mule ne bougea pas. Pour l’appâter, le bon Père lui présenta une carotte, elle s’en détourna. Il lui présenta alors un morceau de sucre, sans plus de succès.
- Je vous l’avais dit, elle est têtue !
Voyant la tristesse naître sur le visage du Père Noël, Saint-Nicolas lui parla de monsieur Gibus, le directeur du plus grand cirque du pays.
- Vous pensez qu’il a des rennes à me prêter ?
- Des rennes peut-être pas, mais il possède une belle ménagerie : quatre éléphants, deux ours brun, trois girafes, huit tigres, six panthères, dix lions et deux fois plus de chevaux.
- C’est une bonne idée que vous avez là –répondit d’un ton décidé le Père Noël – j’y vais de ce pas !
Il prit alors congé de Saint-Nicolas, remonta sur son nuage qui, aussi vite que le vent, le porta devant le cirque de monsieur Gibus. Ce dernier, flatté de rendre service à son illustre visiteur, l’invita à voir la ménagerie. Entre girafes, panthères, chevaux, lions, éléphants, ours et tigres, le Père Noël avait bien du mal à faire son choix et minuit approchait. Sentant son embarra, monsieur Gibus choisit pour lui deux chevaux à robe blanche.
- Ce sont les plus dociles et les plus rapides. Croyez-moi, avec ces deux là vous allez rattraper votre retard. !
Le Père Noël les examina de plus près.
- Ce sont de belles bêtes – dit-il en connaisseur – en leur tapotant la croupe. Je vous les emprunte !
Suivi des chevaux, il se dirigea vers son nuage. Monsieur Gibus leur emboîta le pas.
- Père Noël, je peux à mon tour vous demander une faveur ?
- Demandez-moi ce que vous voulez mon brave !
- Vous voulez bien être des nôtres demain après-midi pour la grande parade de Noël ?
- J’en serai, avec vos chevaux et mon traîneau, comptez sur moi !
Monsieur Gibus, les yeux levés vers le ciel regarda le nuage s’envoler. Il resta éveillé une bonne partie de la nuit, attendant le passage de ses chevaux tirant le traîneau rempli de cadeaux.
Mais il ne vit rien venir et fini par s‘endormir. Le lendemain, la grande parade défila dans les rues de la ville, entouré des girafes, panthères, chevaux, lions, éléphants, ours et tigres, au milieu des trapézistes, des jongleurs et des clowns, on pouvait voir, debout dans son traîneau tiré par deux chevaux blancs, le Père-Noël distribuant des friandises aux enfants. Lorsque vint pour lui l’heure de retourner là bas dans son village de Laponie, il confia le secret de Noël à monsieur Gibus. Ce dernier ne le révéla jamais. A personne !
Le secret a été si bien gardé, qu’aujourd’hui encore dans le monde entier, la nuit de Noël, petits et grands fêtent le retour du Père-Noël.









19 février 2010 à 2:46
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