Pithiviers le braconnier
Par Marie • 4 nov, 2009, Ă 01:00:07 • CatĂ©gorie: Contes
Il était une fois, un royaume sur lequel régnait l’impitoyable roi Pudding. Il était fort détesté de ses sujets depuis qu’il avait chassé le prince Macaron venu demander la main de sa fille la douce princesse Gaufrette. Dans le royaume, personne n’ayant aperçu le prince, il se disait que le roi l’avait fait pendre et il n’y avait guère que la princesse qui espérait encore le revoir.
Un matin à l’aube, alors que Pithiviers, pauvre paysan et meilleur braconnier du royaume, s’en allait relever ses collets, un petit lapin jaillit brusquement des taillis. Pithiviers s’en saisit.
- Lâche-moi ! Cria le petit lapin en remuant tant qu’il pouvait.
- Te lâcher alors que mes marmots crient famine ? Je ne suis pas fou !
Soudain, réalisant qu’il conversait avec un lapin, Pithiviers tira très fort ses moustaches. Ouille ! Ouille ! Ouille ! Non je ne rêve pas ! Mais qui es-tu animal ?
- Je suis le prince Macaron et je t’attendais.
- L’amoureux de la princesse Gaufrette ? Saperlipopette ! Vous n’êtes donc pas mort ?
- Mort ? Pas encore si tu veux bien m’aider !
- Je vous aiderai avec plaisir, mais qui vous a rendu à cet état ? Demanda Pithiviers en déposant le lapin à terre.
- Savarin le magicien, sur ordre du roi et j’ai ses hommes à mes trousses.
- Que faut-il que je fasse ?
- Me conduire chez Tarteletta !
- Tarteletta la sorcière ?
- Oui ! Aurais-tu peur ?
- Peur ? Non ! Mais pourquoi voulez-vous la rencontrer ?
- C’est ma marraine, elle seule a le pouvoir de me redonner forme humaine.
- Alors allons-y !
- Attend ! Laisse moi monter dans ta besace, j’y serai en sécurité.
Pithiviers éclata de rire
- En sécurité dans la besace d’un braconnier ? D’un hors la loi ?
- Bien plus que dans les murs du château du roi tu peux me croire !
- J’veux bien vous croire moi, mais au château on ne meurt ni de froid, ni de faim.
- Tu as raison. Mais moi vivant, tu auras toujours de quoi nourrir ta famille. J’y veillerai !
Pithiviers acquiesça et sans mot dire il ouvrit grand la gibecière. Il y installa confortablement le lapin. Puis se mit en route. Après deux bonnes heures de marche à travers les bois, il arriva sur le territoire de Tarteletta. A peine y eut-il posé un pied, qu’il la vit arriver escortée d’une nuée de vautours. D’un geste rapide, de ses longues mains aux ongles crochus, crochus comme les serres des vautours qui l’entouraient, elle arracha la besace de l’épaule de Pithiviers et en extirpa le petit lapin.
- Oh mon filleul vous en avez de grandes oreilles !
- Ne vous moquez, sans ce brave homme qui m’a laissé la vie et amené jusqu’à vous, je ne sais comment je finissais mes jours.
- Sûrement en civet. Répondit Pithiviers
Félicité par Tarteletta qui l’assura de ne pas rentrer bredouille, Pithiviers prit congé sans tarder. Il releva ce jour là six perdrix, et un beau lièvre, heureux de son butin, il se dit qu’il était temps pour lui de rentrer à la maison et s’y dirigea d’un bon pas. Arrivé dans la clairière, soudain, le bruit sourd de chevaux lancés au galop fit battre son cœur, il n’eût pas le temps de se cacher que déjà les cavaliers étaient là , devant lui, barrant le chemin. Pithiviers reconnu les hommes du roi et à leur tête le roi lui-même l’interpella.
- Tu braconnes sur mes terres manant ?
- Le braconnage est interdit Sire, jamais je ne me mettrais hors la loi !
- MĂŞme pas pour un beau lapin ?
- MĂŞme pas pour deux Sire !
- J’en doute manant ! Ne cacherais-tu pas dans ta gibecière le lapin que je traque depuis trois jours ?
- Je peux vous assurer qu’elle ne contient pas de lapin Sire !
- Ouvre lĂ tout de mĂŞme manant ! Et si tu as menti, tu seras pendu sur-le-champ !
Pithiviers se voyant déjà au bout de la corde, se mit à trembler de tous ses membres mais à l’instant même ou il ouvrit la besace, un épais brouillard enveloppa toute la clairière. Lorsqu’il se dissipa, il ne restait de la cavalerie qu’un lapin qui prétendait être le roi. Pithiviers s’en saisit et reprit sa route.
Personne ne sut jamais comment le roi avait disparu et encore moins ce qu’il était advenu de lui, même pas moi ! Et quelques jours plus tard, le royaume en liesse célébra les épousailles du prince Macaron avec la princesse Gaufrette.










