Noire en France, blanche en Afrique
Par Eric • 20 mar, 2009, Ă 01:00:58 • CatĂ©gorie: Culture
Jeudi 26 fĂ©vrier, avec l’association Vivre Ă la Monta, quartier oĂą elle habite, LeĂŻla Milandou nous a fait partager son regard sur l’Afrique, plus prĂ©cisĂ©ment sur le Congo Brazzaville.
LeĂŻla a vĂ©cu au pays de son père jusqu’Ă l’âge de 9 ans. Elle y est retournĂ©e l’Ă©tĂ© dernier. Entre temps, il y a eu la guerre civile et LeĂŻla est devenue adulte.
Au cours de son voyage, elle a parcouru le Congo Brazzaville, petit* pays situĂ© entre le Gabon, le Cameroun, la RĂ©publique Centrafricaine et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Le fleuve Congo le sĂ©pare d’un pays beaucoup plus grand : la rĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, dont la capitale Kinshasa, est juste de l’autre cotĂ© du fleuve Congo.
LeĂŻla a sillonnĂ© le pays, du Nord au Sud, Ă l’est Pointe-Noire la capitale Ă©conomique; Ă pied, en 4×4, en avion. Voyage chargĂ© en Ă©motions.
Elle a remis sa superbe robe africaine et nous a raconté …
- les gens chaleureux et accueillants, ceux de sa famille, mais aussi les autres,
- les routes ou plutĂ´t les pistes, on peut mettre 5 heures pour parcourir 60 km,
- la vĂ©gĂ©tation luxuriante, les plantations de manioc, base de l’alimentation,
- la grande forĂŞt, oĂą on se cachait pendant la guerre pour fuir les combats,
- le fleuve, si présent, qui sert de frontière avec le Congo Kinshasa,
- la vie quotidienne, l’eau qui manque dans les maisons, alors que les pots de fleurs sont bien arrosĂ©s devant LES palais,
- l’eau qui envahit partout Ă la saison des pluies,
- la famille, qui a tant d’importance, c’est la solidaritĂ© familiale qui permet de vivre, c’est le statut du chef de famille qui s’Ă©tend Ă toute la famille,
- la solidaritĂ© entre « grands » et « petits »,
- les difficultés à passer la douane sans laisser quelque chose : blanc = riche et la richesse doit se partager!
Et la « sapologie« , concept typiquement congolais, oĂą comment sortir sapĂ© comme un roi, alors mĂŞme que laver le linge tient de la prouesse!
La vie quotidienne est devenue difficile Ă Brazzaville, malgrĂ© des ressources importantes dans le pays. Personne ne se plaint. On vit au prĂ©sent en Afrique, les projets sont difficiles. Loin de la politique et des prĂ©jugĂ©s d’occidentaux, LeĂŻla nous a montrĂ© le visage d’une Afrique vivante et d’une grande richesse humaine.
* « petit »pour l’Afrique, en fait, grand comme l’Italie.
(NDLR : merciĂ B. R. pour cet article.)








20 mars 2009 à 7:08
Une vision très intĂ©ressante de ce pays. Une vie très difficile au quotidien, mais pas pour tous, une apparente solidaritĂ© malgrĂ© cette guerre qui reste dans les esprits et les relents d’un colonialisme qui a laissĂ© des traces.
Et le pillage des ressources les plus rentables financièrement, comme le pĂ©trole, par les grandes compagnies exploitantes. Et les dirigeants qui se comportent en seigneurs, n’hĂ©sitant pas Ă diviser Ă©conomiquement le pays, crĂ©ant des rancoeurs mal dissimulĂ©es.
Tout le drame de l’Afrique, toute la gentillesse des Africains… Et leur patience qui parfois finit par s’user au dĂ©triment du dialogue.
Bonne chance au Congo Brazzaville et Ă toute l’Afrique.
Merci à la conférencière pour sa spontanéité et son enthousiasme
21 mars 2009 à 8:11
P.S. :
Merci Brigitte !